La qualité de l’éducation en mal au Burundi

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L’éducation supérieure souffre au Burundi comme dans bien d’autres pays dans le monde. Dans ce pays de l’est de l’Afrique les conditions de vie des étudiants stagiaires seraient de plus en plus détériorées.

Bénéficiaires du prêt-bourse équivalent à 2.160.000 Francs burundais au cours du 1er cycle universitaire, les étudiants en classes de terminals et candidats au Baccalauréat éprouvent aujourd’hui du mal à vivre leur période de stages. La cause en est la suppression de leurs frais de stages qui auparavant, était octroyé à leurs aînés, eux, bénéficiaires d’une bourse non remboursable.

D’un montant différent selon qu’ un étudiant vive en ville ou en milieu rural, selon qu’il loge loin ou proche de l’Université, ces frais aidaient les étudiants à couvrir leurs besoins pendant les stages. L’absence de cette aide financière engendre quant à elle des conséquences fâcheuses sur l’éducation.

Les concernés sont les étudiants de Université du Burundi et de l’Ecole Normale Supérieure. Ce cauchemar s’est fait ressentir pour la première fois aux étudiants de l’année académique 2019-2020, qui ont effectué leurs stages au mois d’octobre pour toutes ces deux institutions.

5 mois après, je me souviens de ce qui s’est passé avant et pendant les stages. Des plaintes se sont fait entendre ici et là au sein des étudiants sans savoir à quel saint se vouer. « Les frais de stage n’existent plus« . Telle est la réponse que nous donnaient les délégués de classe quand nous leur demandions d’aller soumettre la question à nos responsables, chefs de sections, depuis le mois d’Août en 2020.

A part cela, les éclaircissements du Bureau des Bourses d’Etudes et des stages nous ont fait perdre l’espoir par rapport au gouvernement nouvellement instauré par son excellence Evariste Ndayishimiye. Apparemment, on nous a privé de ce dont nos aînés avaient bénéficié sans motif convaincant.

 » Quand vous signez un contrat avec quelqu’un, ce qui n’y figure pas n’existe pas. Dans le contrat relative au prêt-boursier qui lie l’étudiant au gouvernement, aucun article n’accorde aux étudiants les frais de stages« . À cet effet, on lit dans les colonnes de Jimbere Magazine:  » ce qui a fait que nous leur accordions un prêt-bourse supérieur à la bourse qu’on donnait antérieurement, était de les inciter à faire une épargne qui leur aidera à faire les stages aussi. »

Des réponses qui par contre, quant à moi, n’ont pas raison d’être surtout quand on n’ a pas, jusqu’à présent, montré aux étudiants un décret présidentiel ou une ordonnance ministérielle portant la suppression des frais pour les stages de fin d’études. Un avis que je partage avec Didier (pseudo), un étudiant à l’Université du Burundi. » Est-ce que dans le contrat dudit prêt- bourse, y a- t-il un article qui stipule que le prêt- bourse annule les frais de stage? A l’Université du Burundi, ce qui se propage oralement n’a pas de considération. Il faut qu’il y ait une ordonnance ministérielle ou présidentielle abolissant la première« , se pose-t-il.

A mon humble avis, sortir une ordonnance seul ne suffit pas. Il faut tenir compte de la condition que vivent les étudiants, pas plus améliorée que celle des années antérieures. De plus, en considérant l’objectif 4 de développement durable qui vise à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie », les responsables à divers niveaux doivent trouver une solution rapide à cette situation qui ne fait qu’agraver la qualité de l’éducation au Burundi.

Une épine dans la plaie

Avouons-le. Plus les jours avancent, plus la vie coûte chère au Burundi. Et moi en tant qu’étudiant, prêt-boursier, stagiaire du 3e bac qui n’est pas né dans une famille aisée, je ne faisait pas du tout exception de ceux qui vivent cette vie non moins chère de Bujumbura. Comme tant d’autres qui ne sont pas nés à Bujumbura, je devais payer mensuellement le loyer, l’eau et l’électricité. Je devais m’habiller, me nourrir, photocopier un syllabus, me faire soigner et j’en passe. Tout ça avec un prêt de moins de 60 000 Francs burundais que je reçevais tardivement après avoir retranché des frais de tenue de compte et ceux de la carte-mutuelle.

Évidemment, les besoins étaient tellement énormes que, moi l’étudiant, j’ ai pu oublié le déjeuner, le repas suffisant en quantité ainsi qu’en qualité et le déplacement même quand je me sentais très faible.

Si je m’arrangais pour vivre dans ce prêt-bourse pendant les cours, le même prêt ne suffiit pas pour me servir pendant le stage. En effet, les activités étaient de plus en plus nombreuses et les stages se faisaient, pour la plupart, loin de nos Universités et nos résidences. Les besoins aussi ne sont pas les mêmes. D’où la nécessité du per diem, quoi que ce soit, pour que les stages se déroulent sans entraves.

Cri du cœur

La période des stages est arrivée alors que l’octroi de la deuxième tranche du prêt-bourse pour les étudiants de la 3e année avait eu lieu deux mois avant. J’avais aucune pièce d’argent restant dans ma poche. Malheureusement, je me levait à 4h du matin pour préparer les leçons que je dispensait à partir de 07h30 min.

Le chemin vers le lieu de mon stage par rapport à mon domicile dépassait 90 min à pied. Pour ce faire, j’étais obligé de prendre un bus ou un vélo pour arriver à l’école à temps.

 

Je laisse de côté mes camarades qui étaient à l’intérieur du pays. De même, le stagiaire que je faisait m’obligeait d’enseigner 10 heures par semaine. Par malchance aussi, je suis tombé dans une classe subdivisée en A, B et C où j’enseignais 5 heures par semaine dans chaque classe. Soit 15 heures par semaine.

Par ailleurs, il y avait la période dans laquelle j’enseignais 6 heures par jour alors que j’ai quitté mon domicile sans rien mettre sous la dent. D’où les difficultés de me tenir en classe occasionnées par la faim, la soif, la fatigue dues à la pauvreté. Ces conditions de travail ne sont pas sans consequences sur la qualité de notre perfomence en tant que stagiaires et partant, sur la qualité de l’éducation au profit des apprenants.

En plus le stagiaire doit se munir d’une bonne tenue devant ses apprenants. Il doit render disponibilise pas mal de documents pédagogiques pour se faire comprendre par son encadreur de stage et ses apprenants . En effet, il doit se présenter en classe avec une leçon bien préparée sur les feuilles de papier formant A4, avec un cahier de journal, un cahier de prévision-matière,

Un cahier de notes, un cahier de points et un cahier d’évaluations. Il ne faut pas ignorer qu’ il peut tomber sur un établissement où il existe peu ou pas du matériel didactique (manuel de l’élève, guide de l’enseignant, machines-ordinateurs pour ceux de la section informatique…). Tout cela, il s’en charge et cela lui exige souvent de la resource financière.

Pour clore, il s’avère que les deux dernières tranches de prêt-bourse, qui aideraient les étudiants à survivre après les stages et pendant l’achevement de leurs études comme pendant la rédaction du rapport de stages, son impression et sa reliure, sans oublier également les examens, s’utilisent pour le remboursement des dettes déjà prises pendant ces stages suite au manque des frais dédiés à cette activité. Ce qui rend déplorable, inéquitable et inquiétante, la vie de ces étudiants pendant les stages et après dans leurs campus et impacte négativement la qualité de l’éducation à eux promise. Que le gouvernement burundais, Reta Mvyeyi Reta Nkozi tel que surnommé par son excellence Evariste Ndayishimiye intervienne pour sauver ses enfants.

Par Dieudonné Ndayizeye

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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