La décennie d’action : Un ultimatum planétaire

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Face à l’urgence d’atteindre les objectifs du développement durable dans les délais fixés, une décennie d’action a été initiée. Trouvez les détails ici.

Une décennie d’action pour atteindre des objectifs mondiaux

La décennie d’action a pour principal objet l’atteinte des objectifs de développement durable à l’horizon 2030. Cette période de temps (2020-2030) a été fixée pour qu’à cet horizon, la situation de l’humanité ait progressé vers des niveaux de vie globalement plus élevés.

Les principales attentes concernent notamment de meilleures conditions de vie pour les populations les moins bien loties. Cela suppose une action commune et concertée entre les différents acteurs de la communauté mondiale.

Les actions à mettre en œuvre au cours de cette décennie ont principalement trait aux ODD. D’après les propos du Secrétaire Général des Nations-Unies, ces actions doivent mobiliser tous les acteurs imaginables, imposer des décisions audacieuses et fournir des idées pour trouver des solutions aux problèmes du monde.

Après avoir précisé le contenu des objectifs à atteindre, les lignes à suivre présentent les différents acteurs à mobiliser et les efforts qui sont attendus de leur part au cours de la décennie d’action 2020-2030.

La décennie d’action : Le contexte

Les objectifs de développement durable (ODD) ont été adoptés en 2015 par les Etats membres des Nations-Unies après 2 ans de négociations menées par des acteurs de diverses natures. Ils sont groupés dans l’Agenda 2030 et définissent des cibles à atteindre au plus tard en 2030.

Aux termes d’un rapport publié par le Sustainable Development Network, en 2019, les pays d’Europe affichaient les meilleurs scores en matière d’efforts à faire pour l’atteinte des ODD. De manière générale, des efforts ont été consentis et des progrès notables ont été réalisés dans des nombreux secteurs.

Toutefois, à 10 ans de l’échéance, les objectifs visés sont loin d’être atteints, même dans les pays les plus riches. La concrétisation de l’Agenda 2030 nécessite d’une part la prise de mesures plus larges et plus rapides, et d’autre part, des efforts audacieux ainsi que la mobilisation de tous les acteurs concernés.

Les objectifs de la décennie d’action

Les objectifs de développement durable

Les ODD définis sont au nombre de 17. Il s’agit de priorités pour un développement socialement équitable, offrant des assurances environnementales ainsi qu’une prospérité économique prévisible et inclusive à horizon 2030. Ils se déclinent comme il suit :

  • 1 : L’éradication de la pauvreté ;
  • 2 : La lutte contre la faim ;
  • 3 : La santé et le bien-être des populations et des travailleurs ;
  • 4 : L’accès à une éducation de qualité ;
  • 5 : L’égalité entre les sexes ;
  • 6 : L’accès à l’eau salubre et l’assainissement ;
  • 7 : L’accès à une énergie propre et d’un coût abordable ;
  • 8 : Le travail décent et la croissance économique ;
  • 9 : La promotion de l’innovation et des infrastructures durables ;
  • 10 : La réduction des inégalités ;
  • 11 : La création de villes et de communautés durables ;
  • 12 : La production et la consommation responsable ;
  • 13 : La lutte contre le changement climatique ;
  • 14 : La protection de la faune et de la flore aquatiques ;
  • 15 : La protection de la faune et de la flore terrestres ;
  • 16 : La paix, la justice et des institutions efficaces ;
  • 17 : Le renforcement des partenariats pour les objectifs mondiaux.

Les apports des ODD

Ces objectifs ont été retenus en raison de leurs nombreux intérêts qui peuvent se décliner en quatre points majeurs :

  • Un cap chiffré, propice à l’action : pour permettre un suivi régulier des progrès effectués, des indicateurs ont été définis et les Etats sont invités à rendre compte de leurs progrès annuellement, sur la base de ces indicateurs ;
  • Un agenda universel : les ODD ont un caractère inclusif et concernent non seulement l’ensemble des Etats de la planète, mais également divers autres acteurs publics et privés ;
  • Un langage commun : les éléments de langage des ODD ont été retenus pour permettre le travail commun entre des acteurs de natures distinctes dont les modes de communication et d’expression ne sont pas les mêmes ;
  • Un cadre holistique : cet apport se traduit par le caractère indivisible des ODD qui sont profondément liés les uns aux autres. A titre d’illustration, les décès dus aux maladies liées à l’eau ainsi que la mobilisation des femmes pour la recherche d’eau potable au détriment de leur scolarisation ou de leurs activités professionnelles démontrent des liens profonds entre les ODD 3, 5 et 6.

L’idée générale des objectifs de développement durable est qu’aucune prospérité économique ne peut être envisagée en dehors du bien-être des populations et du respect des écosystèmes. La décennie d’action suppose donc d’agir en même temps sur l’ensemble des ODD, de manière uniforme.

La mise en œuvre des ODD

Les 17 ODD sont traduits dans le détail par un total de 169 cibles qui se réfèrent aux priorités et aux actions requises. Ces cibles doivent faire l’objet d’une mise en œuvre accélérée au cours de la décennie d’action.

A titre d’exemple, l’une des cibles prioritaires de l’ODD n°5 concerne la garantie de l’accès des femmes à toutes les fonctions de direction, à tous les niveaux de décision dans la vie politique, économique et publique.

Les actions retenues à cet effet concernent la fourniture des mêmes droits politiques et économiques aux femmes et aux hommes ou encore la facilitation au profit des femmes, de l’accès et de la maitrise des nouvelles technologies.

Les ODD ne sont cependant pas dépourvues de limites.

Une première limite identifiée concerne le manque de référence directe aux objectifs démocratiques qui touchent à la liberté d’expression, à celle de la presse ou à celle des élections. Une autre limite réside dans le fait que les ODD ne font aucune référence à la culture.

Une limite a également été identifiée sur le chapitre des apports. Elle concerne la communauté de langage, essentielle à la mise en œuvre des ODD. Le langage commun reste du domaine de la théorie car, de manière générale, les objectifs et les moyens définis s’adressent aux Etats.

L’implication des autres acteurs qu’ils doivent mobiliser requiert leur traduction en un langage opérationnel, plus pertinent pour ces acteurs. Cette dernière limite est cependant en cours de rectification.

Les acteurs à mobiliser durant la décennie d’action

La décennie d’action mobilise un investissement important de l’ensemble des acteurs concernés par la mise en œuvre des ODD.

Les Etats

Ils sont les premiers concernés et peuvent avoir un impact politique et économique majeur sur l’atteinte des ODD. Ces acteurs fixent les orientations générales à suivre sur leurs territoires de compétence.

Dans la pratique, certains d’entre eux ont aligné leurs budgets sur les ODD. Pour d’autres, le respect des ODD retenus comme étant prioritaires est un critère d’attribution des marchés publics.

La réduction des émissions polluantes, la contribution pour ralentir l’effet des changements climatiques ou le volet des ressources renouvelables sont autant de secteurs vers lesquels certains Etats orientent leurs actions spécifiques.

Les entreprises

L’action des entreprises est spécifiquement évoquée par l’Agenda 2030, notamment dans le cadre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

Elles peuvent en effet influencer profondément des thématiques telles que les changements climatiques, la préservation de la biodiversité, le respect de l’environnement ou les conditions sociales des individus.

Les entreprises sont encouragées à œuvrer en redéfinissant leurs processus internes, leurs méthodes d’action et l’orientation générale de leurs activités pour les mettre au service de l’atteinte des ODD durant la décennie d’action.

Les investisseurs

Les investisseurs peuvent contribuer à l’atteinte des ODD en réservant leurs investissements à des entreprises dont les produits ou services démontrent un intérêt à améliorer les conditions sociales des populations ou l’état de la planète.

Ces investissements ne doivent donc pas être orientés vers des entreprises dont l’activité nuit à la santé des consommateurs, impacte négativement l’environnement ou contribue à l’émergence ou à l’entretien de conflits par exemple.

Les ONG

La décennie d’action mobilise également les organisations non gouvernementales dont l’œuvre de sensibilisation et de surveillance est cruciale. A travers des plaidoyers, elles peuvent influencer les actions des autres acteurs et parfois même, aider ceux-ci à adopter les meilleures approches.

Les collectivités locales

Qu’elles agissent sur le plan politique, économique ou sur celui de l’éducation, les collectivités locales disposent de compétences diverses pour la mise en œuvre de politiques territoriales qui intègrent la poursuite et l’atteinte des ODD.

Les citoyens

L’adoption au quotidien de gestes favorables à l’environnement est une excellente manière de contribuer, au niveau individuel, à l’atteinte des ODD dans le cadre de la décennie d’action.

Les efforts à consentir durant la décennie d’action

Les solutions identifiées face aux divers problèmes du monde doivent être mises en œuvre avec intensité et célérité au cours de la décennie 2020-2030. En 2019, le Secrétaire Général de l’ONU a indiqué 3 niveaux à considérer dans le cadre de la décennie d’action :

  • A l’échelle mondiale : un meilleur leadership, l’allocation de plus de ressources et des efforts pour développer de meilleures solutions ;
  • A l’échelle locale : des changements pertinents dans la gouvernance des Etats, des villes et des localités ;
  • A l’échelle individuelle : c’est de ce niveau que doivent venir les impulsions nécessaires à créer des mouvements irréversibles qui poussent les autres acteurs vers l’atteinte des objectifs identifiés.

Les efforts à faire dans le cadre de la décennie d’action doivent avoir pour but d’aplanir des obstacles tels que les inégalités de croissance, la hausse de l’endettement, de la volatilité financière et des tensions commerciales, toutes choses qui compliquent la mise en œuvre des ODD.

Ces efforts doivent aussi concerner l’accroissement des investissements dans les infrastructures résilientes aux changements climatiques. Selon les données de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement, le coût annuel des ODD est estimé entre 5 000 et 7 000 milliards de dollars.

Dans les pays en développement, les efforts sont particulièrement attendus dans des secteurs de base. D’après les données émanant du Fonds Monétaire International, il manque aux pays en développement 2 600 milliards de dollars chaque année pour l’atteinte des ODD.

Ces besoins sont autant de nécessités à considérer dans le cadre de la décennie d’action 2020-2030.

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