Jeunesse rurale: jeunesse doublement discriminée?

Jeunesse Rurale Africaine

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D’ici 2030, l’Afrique subsaharienne comptera 330 millions de personnes actives supplémentaires, dont 200 millions résideront en zone rurale. Le secteur agricole qui emploie encore 50 à 60 % de la population dans la grande majorité des pays d’Afrique subsaharienne, et jusqu’à 75 % au Sahel aura du mal à « absorber » ces millions de jeunes.

Par conséquent, il urge de mettre en place des stratégies pour encourager la diversification agricole et développer les segments productifs des secteurs industriel et des services. Cela permettra de profiter des changements structurels et d’augmenter la demande de main-d’œuvre pour les jeunes dans les pays en développement.

Cependant, une menace pèse sur la stratégie de diversification des économies africaines. En effet, avec la globalisation, depuis le XVIe siècle, les pays développés ont fortement influencé la structuration du marché international. Ainsi, les pays développés, donc transformateurs se sont arrangés pour que les pays de la périphérie (pays du tiers monde) ne travaillent que pour répondre au besoin des industries européennes puis américaines et aujourd’hui chinoises…

Il s’agit de la Division internationale du travail.

La division internationale du travail, qu’est ce que c’est?

La division internationale du travail (DIT) désigne la répartition des activités productives entre les pays, en fonction de leurs avantages comparatifs. Il faut s’attarder sur le concept des avantages comparatifs. Ce dernier suppose que chaque pays/territoire propose les biens et services pour lesquels il dispose de conditions de production avantageuses par rapport au reste du monde.

Mais en pratique, la division internationale du travail, dans le contexte africain en rapport avec le reste du monde, a conduit à une spécialisation souvent imposée par l’histoire coloniale et la mondialisation économique.

Les économies africaines se sont principalement orientées vers l’exportation de matières premières (cacao, café, pétrole, minerais) et l’importation de produits manufacturés. Ce modèle économique a des répercussions profondes, notamment sur la jeunesse rurale.

En effet, deux facteurs au moins expliquent les effets néfastes de la division internationale du travail. Premièrement, le continent exporte des ressources à faible valeur. Deuxièmement, le prix d’achat est fixé par l’acheteur. La plupart des pays africains ont une balance commerciale déficitaire.

Cette situation est aggravée par des accords internationaux qui exposent le marché africains aux produits manufacturés des pays très industrialisés fragilisant ainsi les industries africaines naissantes.

La jeunesse rurale africaine ne peut plus vivre seulement de l’agriculture

Les jeunes des zones rurales sont restés largement engagés dans des activités agricoles de subsistance ou de production pour l’exportation. Cependant, les revenus de ces activités sont faibles en raison de la volatilité des prix des matières premières sur le marché international.

On peut citer en exemple le secteur du cacao en Côte d’Ivoire emploie une grande partie de la jeunesse rurale. Malheureusement, les bénéfices de la chaîne de valeur sont captés par les multinationales, laissant les jeunes dans la précarité (Losch, 2004).

Selon une étude de Tacoli et Mabala (2010), la migration des jeunes ruraux est directement liée à l’absence d’investissements dans les infrastructures et services en milieu rural. Les Etats africains auraient-ils eux aussi abandonné la jeunesse rurale.

Les problèmes, on les connaît tous. Avant de faire cas de quelques solutions, il faut mentionner que les zones rurales manquent d’investissements dans l’éducation et la formation. La jeunesse rurale étant tres dependante de la nature, souffre énormément des changements climatiques.

La solution réside dans la diversification économique et la protection de nos marchés

Il ne s’agit pas d’investir continuellement dans l’agriculture seulement. Non. Il faut encourager la transformation locale des matières premières pour intégrer les jeunes ruraux dans des activités à plus forte valeur ajoutée. Voilà, il faut insister sur les activités à plus forte valeur ajoutée. C’est ce qui crée la richesse. Mais, ce n’est pas fini. Nous devons protéger nos marchés.

Nous devons nous rendre à l’évidence que tant que nos marches peuvent être accessibles au reste du monde facilement alors que nos produits n’ont les facilités sur le marché mondial, les mesures comme le renforcement des infrastructures rurales, la Formation continue et le renforcement de capacité de la jeunesse rurale seront de nul effet.

En conclusion, quand on observe bien la division internationale du travail, on peut comprendre aisément que beaucoup de menaces pèsent sur le développement de notre continent. Je suis tenté de dire que nous sommes en guerre. Sinon, en termes plus simples, nous sommes en permanence dans un rapport de force avec le reste du monde.

Dans ce même contexte, certains pays ont pu s’émanciper. Donc, c’est possible.

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