Terre africaine : quelles opportunités pour les jeunes?

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YILAA pour l’accès des jeunes africains à la terre

Les jeunes Africains, nous le voyons tous les jours à travers les médias cherchent en majorité à immigrer vers la France, les Etats-Unis, le Canada, et autres pays de l’Europe ou de l’Amérique.

Peu importe le pays de destination ; ils recherchent presque tous un avenir loin des terres Africaines. Bon nombre d’entre eux achèvent leur voyage dans la mer; le reste peine souvent à s’en sortir faute de papiers.

L’Afrique possède pourtant 60% des terres non cultivées au Monde; preuve que le continent regorge de richesses!

Les jeunes Africains veulent entreprendre dans le secteur de l’agriculture; les terres cependant aussi vastes et disponibles qu’elles soient, restent inaccessibles à ces jeunes. Cet état de chose constitue un véritable frein aussi bien pour le développement de l’Afrique que pour l’épanouissement des jeunes Africains.

C’est ce problème que l’organisation Youth Initiative for Land in Africa (YILAA) s’engage à résoudre à travers l’information et la formation. L’émission « Terre africaine » est un moyen pour y arriver.

L’émission Terre Africaine, de quoi s’agit-il ?

Terre africaine est une émission née de la collaboration de YILAA avec la Radio Tamtam en France. L’émission permettra de révéler les richesses de la terre africaine. Le but ultime est de pousser les jeunes à prendre leurs responsabilités et œuvrer à faciliter leur accès à la terre. Il s’agit donc d’aller au secours de jeunes Africains et faire entendre leur voix auprès des États africains, des partenaires internationaux, etc.

L’émission a eu lieu pour la première fois ce jeudi 19 août 2021 et a porté sur le thème : « Terre africaine : quelles opportunités pour les jeunes ? ». S’étant déroulée entre l’animatrice Félicité Vincent et le Coordonnateur de YILAA, Innocent Antoine HOUEDJI, l’émission présente non seulement YILAA et ses activités, mais aussi les causes de l’inaccessibilité des terres et les solutions pour y parer.

Les causes de l’inaccessibilité des jeunes aux terres en Afrique

En réalité, les terres africaines ne sont pas aussi inaccessibles qu’on le dit. Elles le sont seulement pour les jeunes désireux d’entreprendre pour de bonnes causes, ce qui est quand même dommage.

Des multinationales sont présentes sur le continent pour sillonner des zones et s’y installer avec l’aide de certaines personnes de mauvaise foi qui en profitent au détriment de tous les jeunes Africains.  C’est pourquoi Monsieur Antoine HOUEDJI pense que les multinationales ne viennent pas s’accaparer de nos terres ; c’est nous qui leur donnons l’autorisation de venir s’y installer en toute quiétude.

Non seulement ces multinationales bradent les terres africaines, mais encore, elles les exploitent avec un mépris total des valeurs africaines. Ainsi, les terres qui devraient servir à la production agricole dans le respect de l’environnement, deviennent un point de provocation du changement climatique avec toutes ses conséquences.

D’un autre côté, les jeunes qui n’ont pas les moyens d’acquérir des terres ne peuvent pas réaliser leurs projets. Et plus la situation demeure, plus le taux de chômage augmente, et plus l’immigration clandestine prend de l’ampleur.

Face une situation aussi grave, il paraît impératif d’opérer une Rupture avec les mauvaises pratiques foncières et de faciliter aux jeunes l’accès aux terres.  Antoine l’a souligné : « c’est l’Afrique qui doit gagner, et non une personne ou un groupe de personnes ».

Les actions de YILAA au profit des jeunes Africains

YILAA est une organisation née de la volonté des jeunes Africains de se faire entendre et ainsi de provoquer des changements en matière de gestion foncière en Afrique.

Elle est aujourd’hui représentée dans plusieurs pays de l’Afrique. D’ailleurs le bureau de la coordination de l’organisation est composé par des pays venant de toutes les régions de l’Afrique : le Bénin, le Sénégal, la RDC, le Ghana, le Mali, la Tunisie, le Niger, le Burkina Faso. Le maillage a été fait de manière à intégrer à l’organisation des pays de l’ouest, de l’est, du centre et même ceux du Maghreb.

Les actions de YILAA sont multiples et ont toutes un seul point de convergence : le développement de l’Afrique et l’épanouissement des Africains. Entre autres de ces actions, nous pouvons citer :

La CIGOFA

La Conférence Internationale sur la Gouvernance Foncière au profit des jeunes en Afrique (CIGOFA). Une rencontre de haut niveau qui regroupe les pays membres de l’organisation, des institutions d’Etats, des universités, des partenaires à divers niveaux ainsi que des jeunes intéressés par l’initiative. Elle a eu lieu pour la première fois en 2020 à Cotonou au Bénin.

Le but est d’avoir un cadre de concertation de tous les pays membres afin d’échanger sur les idées de chacun et de partager les expériences. Bien évidemment, cela conduira à une harmonisation des politiques foncières au niveau de tous ces pays.

Face à la question de la possibilité de l’harmonisation des textes juridiques en la matière, le Coordonnateur de l’organisation répond que la CIGOFA existe justement dans cette optique. D’autant plus qu’il est prévu que soient faites au cours de ces conférences des études comparées des textes juridiques des différents pays afin de relever les points de succès et d’échec au niveau de chaque pays. Inutile d’ajouter que cela permettra de corriger un tant soit peu le fonctionnement de l’appareil juridique en matière foncière en Afrique.

Le YILAA Training Center

Il s’agit d’une plateforme de formation en ligne destinée à former les jeunes sur les méthodes d’accès à la terre ainsi que son exploitation efficiente. Il est question d’éviter les conflits dus à la méconnaissance des droits des jeunes. L’organisation œuvre déjà suffisamment pour faciliter l’accès aux terres. Mais cela ne servirait à rien si les jeunes intéressés ne peuvent pas utiliser les terres à bon escient. Les formations de YILAA Training Center aident donc ces jeunes à une exploitation efficiente des ressources foncières auxquelles ils ont accès.

Les projets de reboisement

Les problèmes liés à la question du changement climatique s’accentuent de plus en plus, surtout dans les pays du Sahara comme le Mali. Il faut donc penser à une solution qui permette à l’organisation de réaliser efficacement ses projets dans tous les pays membres. Le coordonnateur confie que le reboisement permettra de régler le problème du changement climatique et en même temps de faciliter la réalisation des activités agricoles.

Le projet  Tell Me My LAND

Dix millions de jeunes et Dix millions de Terres contre la Désertification. Autrement, Dix millions de jeunes contre le changement climatique, dix millions de jeunes pour l’agriculture biologique, dix millions de jeunes pour le développement de l’Afrique, voilà ce que c’est que le projet Tell Me My Land. Dix millions n’est pas un chiffre minime, mais Antoine HOUEDJI pense qu’avec plus d’accompagnement, on pourrait atteindre plus de monde.

Ce projet de grande envergure consistera à créer des villages agricoles où les jeunes travaillent la terre et en profitent pleinement. Deux pays (le Bénin et la République Démocratique du Congo) sont sélectionnés pour conduire la phase pilote de ce projet. Il sera ensuite étendu à tous les pays membres de YILAA.

Le projet profitera non seulement aux exploitants, mais aussi à toute l’Afrique qui s’en sortira donc gagnante.

Les accompagnements de l’initiative

L’initiative est bonne et les accompagnements multiples et de plusieurs ordres, que ce soit dans les Etat membres ou dans les différentes régions de l’Afrique.

Les pays membres

Selon les propos de Monsieur HOUEDJI, les gouvernements des pays membres  qui ont déjà connu YILAA soutiennent activement  de façon technique l’organisation. D’ailleurs, à titre exemplatif, la CIGOFA 2020 a été soutenue et très accompagnée par le gouvernement du Bénin. Aussi, des correspondances ont été adressées aux Etats, à travers nos points focaux  pour davantage susciter l’accompagnement de ces gouvernements.

L’Union africaine et d’autres institutions régionales

La coordination de l’organisation est déjà en relation avec l’Union Africaine et cherche à approfondir les négociations afin de contribuer  davantage à la thématique « Jeunesse et Gouvernance Foncière ». Des démarches sont également en cours pour faire intégrer l’organisation  aux différentes plateformes de la société Civile de l’UEMOA, à la CEDEAO, etc…

L’accès à ces instances régionales ne va faire que faciliter l’harmonisation des bonnes pratiques foncières pour l’accès des jeunes à la terre au profit de tous les pays d’Afrique.

Les autres partenaires

YILAA Collabore avec plusieurs autres organisations qui œuvrent pour la même cause. Il s’agit entre autres de : INTERNATIONAL LAND COALITION, LANSESA, CONADEF, UN-HABITAT, CADASTA, GIZ, NELGA, UNCCD…

Quels projets pour l’avenir ?

L’organisation pense mettre l’accent sur la formation. Elle a commencé, mais elle ne pourra pas à elle seule résoudre tous les problèmes. Félicité, l’animatrice de l’émission Terre africaine renchérit par le Coordinateur de YILAA, pense que les systèmes éducatifs africains doivent être reconsidérés de manière à ce que l’on forme moins pour le bavardage et plus pour les actions concrètes de développement. Les formations offertes désormais doivent servir au développement de l’Afrique.

La création d’emploi est un point crucial. Déjà avec les projets en cours, les jeunes pourront avoir gratuitement accès aux terres. Mais, on ne peut s’arrêter là. Il urge d’œuvrer à l’émergence de nouveaux métiers afin de réduire le chômage dans les pays africains. L’imagination et la créativité doivent servir aussi bien au niveau des jeunes agriculteurs que des universitaires pour permettre l’essor de nouveaux métiers dans le secteur de l’agriculture et du foncier en général. 

En tout cas, que l’on le veuille ou pas, avec l’allure à laquelle les choses évoluent, de nouveaux métiers vont émerger. Aux jeunes de se tenir prêts pour en profiter.

Les opportunités liées à la terre en Afrique

Terre africaine, quelles opportunités pour les jeunes ? C’était le thème de l’émission de ce jeudi 19 août sur la Radio TamTam.

Alors que l’émission touchait progressivement à sa fin, c’était le moment d’apporter une réponse à la question. Dans le contexte actuel où les jeunes ont des difficultés d’accès à la terre, Monsieur HOUEDJI affirme que c’est déjà une opportunité de pouvoir exploiter gratuitement les terres. Pour lui, « La terre est la maîtresse de l’agriculture » et y avoir accès gratuitement n’est pas chose négligeable.

En outre, les jeunes qui s’investissent dans l’agriculture seront amenés à développer des compétences et des expériences dans le domaine. Ce sont eux qui nourriront des millions de personnes demain par leurs productions.

Les jeunes entrepreneurs agricoles d’aujourd’hui deviendront des employeurs demain. Par eux, des milliers voire des millions d’emplois vont émerger.

« Donc, les jeunes Africains ont tout à y gagner », c’était la conclusion du Coordonnateur de Youth Initiative for Land in Africa (YILAA).

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