L’urbanisme au Burundi, quelle gestion ?

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Bientôt 60 années que le Burundi est indépendant mais l’urbanisme et la nécessité de construire des villes et communautés semblent désintéresser nos autorités.

L’an prochain, le Burundi va fêter 60 ans d’indépendance. C’est une occasion pour évaluer le pas franchi dans divers domaines. Cet article, quant à lui va se pencher sur l’urbanisme, avec un focus sur les observations faites dans les capitales politique et économiques du Burundi que sont respectivement Gitega et Bujumbura.

A l’indépendance en 1962, le Burundi était essentiellement rural. La seule ville qui méritait le titre d’une ville était Bujumbura. Erigée comme capitale du Ruanda-Urundi, Bujumbura était une ville effervescente pour son époque.

Gitega, quant à elle, pourtant capitale du royaume de l’Urundi, était une petite ville établie essentiellement sur la colline Musinzira, tandis que Mushasha accueillaient quelques écoles primaires et secondaires et surtout la mission catholique et pas le moindre, le Vicariat Apostolique de l’Urundi (aujourd’hui l’Archidiocèse de Gitega).

À cette époque Gitega ne comptait aucune route goudronnée mais sa planification de l’époque reste aujourd’hui la colonne dorsale de la ville.  Aujourd’hui, les deux villes se sont étalées. Bujumbura est en train d’envahir une grande partie de la plaine et même des collines de Bujumbura-rural.

Cependant, on remarque que Gitega qui avait stagné pendant longtemps, elle est aujourd’hui en train d’engloutir toutes les collines environnantes. Quel est alors le visage de ces nouvelles villes Bujumbura et Gitega, les capitales économique et politique ?

Nos villes se densifient et les parties vraiment organisées sont les parties centrales datant du temps de la colonisation. La plupart des nouveaux quartiers connaissent une urbanisation sauvage.

Il n’existe pas de routes bien tracées, ce qui compliquent l’électrification et l’adduction d’eau. Et même pour les quartiers viabilisés, les planificateurs n’ont pas laissé des routes assez larges pour accueillir les futures autoroutes.

En conséquence, la construction d’une autoroute devient très chère parce qu’on devra détruire beaucoup de maisons et beaucoup dépenser dans les indemnisations.

Un autre problème est celui des espaces verts. Les nouveaux quartiers « sauvages » n’ont laissé aucun espace pour la plantation d’arbres.

Les seules parties où on peut voir un jardin ou des arbres plantés le long des artères, ce sont les parties laissées par les colonisateurs. Les nouveaux quartiers sont presque désertiques ; on ne voit que des toits de maisons en tôles. La propreté c’est un autre point faible de nos villes.

On peut alors se demander quel est l’avenir de nos villes. Si rien n’est fait pour rectifier le tir, nos villes seront invivables dans les années à venir.

La ville de Gitega est en train de s’étendre, le centre-ville devra aussi s’agrandir mais toutes les zones qui devraient l’accueillir sont occupées sans aucune planification. On ne voit pas à Gitega où pourrait faire passer une autoroute, des ronds-points.

Si nous voulons atteindre l’objectif 11 de développement durable, il faudra impérativement que les autorités en charge de l’urbanisme prennent le taureau par les cornes.

De même, les jeunes, et autres organisations non gouvernementales du Burundi devraient se mettre ensemble pour plaider pour des villes plus vertes et s’engager eux aussi à sa concrétisation.

Les actions urgentes pour encore sauver ces grandes villes toujours en expansion sont nécessaires car plus on tardera à réorganiser les quartiers construits dans le désordre, plus il sera difficile pour les générations futures de corriger ces erreurs. Et nous, nous demeurerons toujours la risée de nos pays voisins, qui eux, sont entrain de bien gérer leurs villes.

Par Télesphore NDAYISHIMIYE

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