Burundi, Des femmes exclues du développement 

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Dans une des provinces du Burundi, une mesure est tombée : Des femmes sont interdites d’exercer leur métier de préparer la nourriture pour les pêcheurs. L’histoire se passe à Rumonge (Sud-ouest du Burundi). La mesure est administrative. Elle a déjà eu des conséquences au niveau de la société. Pour moi, le développement durable n’est possible que s’il est inclusif.

Il est six heures. Des habitants de la ville de Rumonge se dirigent vers une plage du lac Tanganyika. Des sachets à la main, les uns y vont acheter du Ndagala (Produit du lac) , d’autres pour le commerce.

Une catégorie des femmes y est déjà depuis cinq heures du matin. Elles préparent de la nourriture pour les pêcheurs qui passent une nuit blanche dans le lac. A leur tour, ces femmes sont rémunérées.  Ainsi, ces femmes font vivre leurs familles.

Coup de tonnerre.  Fin 2018, les activités de ces femmes sont interdites par l’administration. Actuellement ces femmes éprouvent des difficultés dans leurs familles.

« C’était ma seule source de revenue pour nourrir mes enfants. Je fais le métier depuis 1996. Mes enfants étudiaient à base du minerval que je tire de ce métier de préparation de la nourriture pour les pêcheurs » explique Aisha, la cinquantaine, veuve et mère de cinq enfants.

« Les enfants n’étudient plus, faute de moyens. Ils n’ont pas suffisamment de quoi mettre sous la dent. Trois d’entre eux souffre déjà de la malnutrition. Je ne vis pas quoi faire », conclut la veuve et mère de cinq enfants.

Séparée de son mari à cause de la maladie à virus corona, Nadine, mère de quatre enfants ne sait pas sur quel pied il faut danser. « Dès la prise de la mesure, mon mari m’appuyait. Il est parti de l’autre côté de la République démocratique du Congo d’où il a été bloqué des suites des mesures liées à la lutte contre le coronavirus.

J’ai été chassée de la maison, je loge chez les amis. Sans aucune source de revenue, c’est du pur fardeau », déplore cette femme, les larmes aux yeux.

Une mesure prise dans la précipitation

Avant de prendre cette mesure, l’administration devrait penser au préalable aux différentes conséquences probables.  Les femmes victimes sont déjà exposées à plusieurs effets négatifs de la société.

Avant la mise en application de la mesure, les administratifs devraient y réfléchir, faire une enquête approfondie pour savoir le besoin familial de ces femmes.

Les femmes concernées devraient aussi être préparées à l’intégration dans la société pour éviter toutes ces conséquences, selon « Où est ton frère », une organisation locale.

Ces femmes étaient accusées de se faire prostituées aux pêcheurs. Mais en réalité, ce sont les nouvelles mesures qui pourraient les conduire le faire car elles sont dans l’incapacité de se prendre en charge.

Espoir en coopératives

Ces femmes s’y connaissent dans le métier de préparation des aliments. Elles le faisaient malheureusement en solo. Se regrouper dans une association coopérative serait une des solutions alternatives qui serait efficaces.

En coopérative, ces femmes pourraient créer leur propre restaurant. Des pêcheurs ou d’autres particuliers pourront par là le fréquenter pour se nourrir. Mais un grand défi auquel font face ces femmes, c’est l’accès au financement.

« Si au moins nous avions du capital financier, nous pourrions démarrer avec des projets minimes pour survivre », affirment-elles.
une autre option pour régler cette situation qui fragilise davantage les femmes serait de promouvoir les formations aux métiers pratiques générateurs de revenus.

La Province Rumonge compte plus de onze plages de pêche. Sur ces plages plus de quatre milles bateau sont comptabilisés. A chaque bateau était affectée une femme pour la cuisson des aliments de l’équipe.

Aujourd’hui, du fait d’une décision administrative, au moins quatre milles femmes sont dans la rue.  Le développement durable ne sera pas atteint si on ignore une partie de la population, encore moins les femmes qui sont vulnérables.

Par Ndayisenga Pascal

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