Les ponts s’effondrent un à un au Burundi

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Le jeudi 6 mai 2021, un pont situé sur la route nationale numéro 3 s’est effondré rendant ainsi ce tronçon impracticable.

Cette route qui constitue la principale reliant les provinces du Sud-Ouest du Burundi à celles du Nord-Ouest se trouve donc inaccessible depuis cet incident du jeudi dernier.

Ce pont qui vient de s’effondre s’ajoute aux autres déjà écoulés dans les différents coins du pays depuis le début de cette année en cours.

Coup de projecteur sur les causes et les conséquences avec Pascal Ndayisenga, Journaliste et Blogueur basé dans cette nation, membre de la communauté de l’Afrique de l’Est.

Il est quinze heure à Gitega. Treize heure, temps universel, GMT. Il pleut. Comme mes amis, je m’abrite contre cette pluie. En tuant le temps, je consulte mon appareil pour voir si il y a de nouveaux messages dans mon smart phone. Soudain, un message accompagné d’une photo tombe. Il parait très urgent.
« Amakuru yihuta.

Ikiraro ca Bujumbura-gitaza kiracitse cose. Imodoka zivuye rumonge zirakase tudashitse no mukabezi.
Imvura nayo n’isegenya.
Bwira n’abandi bamenye uko bavyifatamwo »

Ce qui peut se traduire ainsi littérallement:

« Un message urgent: le pont Bujumbura-Gitaza se casse. Les automobiles en direction de Rumonge font demi-tour avant que nous arrivions même à Kabezi. Informez les autres pour prendre des dispositions adéquates ».

Le message avait été relayé sur les réseaux sociaux. Repris par les médias locaux, le message de l’effondrement du pont pont de la rivière Kirasa, un cours d’eau séparant les deux provinces, a été finalement confirmé par la police nationale du Burundi avec des détails. C’est finalement officiel!

Qu’est-ce qui s’était réellement passé?

Une pluie torrentielle s’est abattue dans les hautes montagnes des province Bujumbura et Rumonge (Sud-Ouest du Burundi), dans la commune Muhuta et une partie de la commune Kabezi.
Ce sont les eaux de ces pluies qui sont descendues avec force détruisant le pont de la rivière Kirasa. Le pont était situé sur la route nationale numéro 3. Tout mouvement venait d’être paralysé.

Des conséquences ne tardent pas

Cette route est principalement utilisée pour l’échange des marchandises en provenance des provinces Rumonge, Makamba, (Sud-Ouest du Burundi ) et Bujumbura. C’est par la même route que transitent les marchandises en provenance de la Tanzanie.

Le chemin doit être trop long pour ces commerçants qui doivent contourner les province de Makamba-Rutana et Bururi pour pouvoir joindre la ville de Bujumbura (Capitale économique du Burundi).

Les habitants de la Province Cibitoke (Nord-Ouest du Burundi) perdent aussi dans cet incident. En effet, ils fournissaient à Rumonge des marchandises divers. Des passagers prennent désormais deux bus avant de joindre les deux bouts. Avec la coupure de cette route, c’est l’économie régionale qui est paralysée.

De probables causes de cette cassure des ponts.

Selon la police nationale du Burundi, ce pont de Kirasa ne présentait aucun signe montrant qu’il allait s’effondre. Cependant, ce pont de la rivière Kirasa suit le mouvement d’autres ponts qui se sont affaissés dans les différents coins du pays.

Pour Innocent Banigwaninzigo, spécialiste en environnement et changement climatique, ces ponts sont vieux.
« Nous faisons actuellement face à une cassure des ponts. Rien n’est étonant. Ils sont vieux de plus d’une cinquantaine d’années. Avec les poids qui pèsent toujours sur eux, ils peuvent facilement se casser. Ce qui est à signaler est que ces ponts ont été érigé presque dans la même période », explique-t-il.

D’autre part le changement climatique est une cause majeure.

A part le pont kirasa se trouvant sur la Route Nationale Numéro trois, d’autres dégats ont été enregistrés suite à ces pluies diluviennes de ce 6 mai. Il s’agit notamment de 167 maisons détruites, du petit bétail (2 moutons et 3 chèvres) tués par ces pluies, plusieurs hectares de champs de cultures emportés et un pont de Kirasa haut (reliant la zone Busenge et celle de Muhuta) detruit, selon le porte parole du Ministère ayant l’intérieur dans ses attributions.

Pour Banigwaninzigo Innocent, il est néssaire de penser aux reboissement et au traçage des courbes de niveau dans ces hautes montagnes. On aurrait ainsi prévenu certains dangers.
Depuis le début de l’année 2021 (de là cinq mois), sept ponts se sont effondrés au Burundi. Deux à Kayanza (nord du pays), un sur la route Bujumbura-Bubanza (Ouest du pays), un autre à Muramvya (centre du pays ) sur la Route Nationale numéro deux.

Récemment, un autre pont s’est affaissé à Bururi (Sud du pays) avant ces deux derniers ( sur la route nationale numéro trois et Kirasa haut).
Les conséquences touchent toujours sur l’Economie de la région et même du pays. Les organisations de la protection de l’environnement, les décideurs peuvent conjuguer leurs éfforts pour une prévention par une éducation environnementale. Des spécialistes dans la construction des infrastructures publiques peuvent aussi vérifier au jour le jour l’état de ces infrastructures afin d’éviter le pire.

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