Ce 15 octobre, l’envie m’a pris d’aller manger dans une école. J’étais en route et j’avais faim. Mais j’avais surtout la nostalgie de la récréation. Cette pause que l’on prend à 10h pour manger et bavarder dans la cour de l’école. J’ai donc négocié mon entrée dans un complexe scolaire dont je tais le nom. Deux choses m’ont fait penser à la nécessité d’une brigade nutritionnelle surtout en milieu scolaire.
Le sachet, une habitude a déconstruire
Bonjour maman, ai-je lancé à la vendeuse, après avoir rapidement scruté les étagères de nourriture. La vendeuse de riz m’a sourit chaleureusement le regards braqué sur moi. Un plat de riz s’il vous plaît maman. “Dans un sachet ou vous mangez ici?” m’a-t-elle demandé avant de plonger son regard dans la glacière de riz. Choque. Je lui ai répondu ce qui suit: “Maman, si un enfant demandait à acheter dans un sachet, vous devriez être la personne qui le/la réprimanderait. Maintenant vous voila être la personne qui propose que l’on achète un repas chaud dans un sachet”.
Silence. La vendeuse et moi étions d’abord sur la pertinence de mon commentaire.
A cette étape, je me suis rendu compte du manque de sensibilisation des vendeuses qui servent dans les écoles. En réalité, qui devrait éduquer ces vendeuses? Puisque bien d’enseignants et de parents ignorent totalement ces notions basiques de la nutrition.
Pour moi la responsabilité incombe au ministère de la santé qui devrait s’assurer de la mise en place d’un dispositif de régulation des agents (vendeurs et vendeuses) qui offrent des services de vente de nourriture dans nos écoles en collaboration avec les ministères sectoriels chargés de l’enseignement.
J’ai été servi et j’ai demandé à prendre du jus de bissap. Ma deuxième surprise. Dès la première gorgée, le niveau de sucre dans ce jus m’a assommé. On ne peut pas faire consommer autant de sucre à nos enfants. Avec la cherté du sucre, je me demande comment cela est-il possible de mettre autant de sucre pour un jus de 100f cfa. Existerait-il des remplacements au sucre conventionnel ?
La situation nutritionnelle est bien trop triste du fait principalement de l’ignorance des acteurs entretenue par le manque de sensibilisation des autorites. Que faire?
Une approche qui devrait faciliter une meilleure alimentation en milieu scolaire
Il faut dire que les cantines scolaires représenteraient une excellente option pour mieux contrôler l’alimentation des écoliers. En effet, elle va permettre de communiquer plus aisément avec les différents acteurs du secteur. Mieux, cette solution va aider à mieux contrôler la chaîne d’approvisionnement des produits qui entrent en consommation dans nos différentes écoles.
Le travail doit tout absolument intégrer l’élaboration d’une feuille de route ou encore d’un plan de nutrition dans les écoles. Bien entendu, les activités d’éducation de sensibilisation joueront un rôle primordial. La mise en place d’une brigade nutritionnelle est fortement recommandée. Il faut impérativement définir des mesures visant à garantir une meilleure nutrition en milieu scolaire puis déployer des outils de contrôle avec un système de mesures punitives et d’incitation selon que le dispositif mis en place est respecté ou non.
Par ailleurs, nous devons construire notre système d’alimentation sur la base de nos ressources naturelles et surtout les valeurs de notre écosystème sans nul doute très riche.
4 résultats à atteindre par la brigade nutritionnelle pour un changement immédiat
- Amélioration de la qualité des repas scolaires et adapter les menus aux besoins nutritionnels des élèves
- Prioriser les aliments frais : Proposer des fruits, légumes, protéines maigres, et céréales complètes. La brigade devra travailler à organiser une chaîne d’alimentation des aliments frais.
- Réduire les aliments transformés : Limiter les aliments riches en sucre, en sel, et en graisses saturées. Organiser l’alimentation autour des différentes saisons et des disponibilités en aliments peu transformés.
- Renforcement du niveau d’éducation des élèves même sur la nutrition
- Cours d’éducation nutritionnelle : Responsabiliser les plus jeunes en intégrant des cours ou ateliers sur l’alimentation saine pour aider les élèves à comprendre l’importance d’une bonne nutrition.
- Impliquer les familles : Organiser des sessions d’information pour les parents afin qu’ils puissent soutenir les bonnes habitudes alimentaires à la maison.
- Temps et espace de repas adéquats : Assurer que les élèves aient suffisamment de temps pour manger dans un environnement agréable et sans distractions.
- Une consommation 100% locale
- Soutenir l’agriculture locale : Travailler avec des producteurs locaux pour obtenir des aliments de saison, ce qui favorise la fraîcheur et la qualité tout en réduisant l’empreinte écologique.
- Sensibilisation à l’environnement : Apprendre aux élèves d’où viennent leurs aliments et l’importance d’une agriculture durable.
- Rendre l’eau accessible : Encourager la consommation d’eau plutôt que des boissons sucrées en mettant des fontaines d’eau à disposition.
- Suivi et évaluation par la brigade

Contrôler la qualité des repas : Instaurer un suivi pour s’assurer que les normes nutritionnelles sont respectées.
Feedback des élèves : Recueillir régulièrement l’avis des élèves pour ajuster les menus selon leurs goûts tout en respectant les standards de nutrition.
Ces actions peuvent aider à créer une culture alimentaire saine dès le plus jeune âge, ce qui peut avoir un impact durable sur la santé et le bien-être des enfants. Cela nous garantit des adultes en bonne santé, donc productifs.










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