Touchés par la montée des eaux, les Burundais ont besoin d’eau potable

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Depuis 2020, la montée des eaux du lac Tanganyika au Burundi s’empire. Les habitants du littorale font face aux problèmes majeurs. Mais ceux de la colline Kanyenkoko ont un défi spécifique : le manque d’eau propre. C’est en province Rumonge ( Sud-Ouest du Burundi). Cette situation a des conséquences majeures sur la santé des populations et reste préoccupante selon le blogueur et journaliste burundais Pascal NDAYISENGA.

Il est neuf heures à Rumonge. Une journée dominicale. Il s’observe un mouvement de va et vient dans les rues de la ville. « Ces gens vont dans une prière dominicale », me parle Alexis, un motocycliste qui me déplace vers Kanyenkoko, provenant du centre urbain de la ville de Rumonge.
La situation du tout contraire sur cette colline. Des femmes, hommes et enfants n’ont pas l’air de suivre le mouvement. Certains font sortir leurs objets de leurs habitations endommagées par la montée des eaux. A l’horizon, des maisons sont à terre, détruites par la montée des eaux du lac Tanganyika qui ne cessent de s’empirer. Le quartier se trouve en effet tout juste sur le littoral de ce lac.
Selon les mêmes habitants, ces eaux ont commencé à monter depuis l’année 2020. « On pensait que le lac allait reculer de quelques mètres pendant la saison sèche mais nous avons été désillusionnés », nous raconte une mère, tenant ses deux enfants en mains.

Une situation inquiétante qui contrecarre les efforts d’atteindre l’objectif 3 de développement durable et qui justifie l’urgence d’action pour faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables.

Selon Madame Odette, une élue locale, à peu près trois cents maisons ont été détruites par la montée des eaux. Les chiffres sont confirmés par la croix rouge en cette province du Sud du pays qui indique suivre de près la situation. Un agent chargé de la collecte des données au niveau de la croix Rouge précise que certains ménages ont été déjà délocalisés. Trente-deux d’entre eux sont regroupés dans une salle commune d’un centre du nom de CEMINA (Centre de Rumonge).
Une autre partie des ménages touchés sont hébergés chez des amis, d’autres ont trouvé refuge dans des maisons en chantier.

Ceux qui logent encore dans leurs ménages sont confrontés à une difficulté majeure : le manque d’eau potable.
Ils sont obligés de puiser les mêmes eaux du lac Tanganyika.
« Ce sont ces eaux que nous utilisons pour les cuissons, la lessive et pour nos toilettes car nous n’avons pas de l’eau potables », explique Louise un de ces habitants.

Pour Eric, un élève sur une des écoles secondaires de Rumonge, « Nous n’avons pas d’autres choix. On doit en puiser », explique-t-il en embarquant sur sa bicyclette quatre bidons.

Des ménages qui ont vu leurs maisons se détruire avaient des lieux d’aisance dont les déchets se sont déversés dans ces eaux stagnantes du lac. Ces eaux sont d’une odeur nauséabonde. Des personnes qui y passent régulièrement pour aller puiser de l’eau présentent déjà des boutons sur leurs jambes et les champignons entre leurs oreilles. « D’autres maladies peuvent nous attaquer si rien n’est fait », prévient une élue locale. Il y a une urgence.

La croix rouge Rumonge a essayé de pulvériser ces eaux chaque semaine pour tuer les microbes. Mais la distribution de l’eau potable serait une protection efficace contre quelques maladies. Ils ont aussi besoin des moustiquaires pour se protéger contre les moustiques qui se développent dans ces eaux stagnantes.

Jusque jeudi 22 Avril 2021, six cent vingt ménages avaient été touchés par la monté de ces eaux du lac Tanganyika en Province Rumonge selon Consolateur Nitunga, gouverneur de cette province.
Cette situation constitue une entrave sur le développement local du fait que ces habitants ne travaillent pas.
Leur santé est aussi menacée tant que rien n’est fait. Cette ville de Rumonge est attaquée chaque année par le choléra, une maladie des mains salles.

Par Pascal NDAYISENGA

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